Oui Natys, je comprends la démarche.
natys a écrit:
...on dirait que deux écoles s'opposent celle de la Lettre..et celle de la Parole..
Je ne pense pas qu'il y ait confrontation car l'un et l'autre sont de niveaux différents sans toutefois qu'ils soient entièrement indépendants. Je m'explique :
Lorsqu'on lit un livre il est vrai qu'on ne s'attache pas à savoir qui est l'inventeur du papier, de l'encre et de la reliure; souvent on ne cherche même pas à savoir où il a été imprimé. Le contenu suffit; le contenant ayant une histoire distincte qui n'interfère pas.
Pour le tarot je pense que c'est quelque peu différent dans la mesure où subsiste un lien indéniable, entre l'apparition des premiers tarots connus en Italie, le tarot de Marseille connu de nos jours et les interprétations qu'on en tire.
Certes, comme le soulignait Bertrand dans une intervention précédente, les tarots princiers italiens du XVe siècle diffèrent en partie, mais nous y retrouvons toutefois nombre de points communs avec ceux qui lui succédèrent et qui nous sont parvenus. C'est à ce niveau que la recherche historique me semble pertinente.
Au fil des siècles, l'évolution des mentalités, de la société et des croyances, a fait évoluer l'iconographie des cartes, ainsi leur représentation, leurs couleurs, leurs noms, leur numérotation ont été modifiés ...
Pour la partie lecture (interprétation) du tarot, retenons que ce n'est qu'à la fin du XVIIIè siècle que les "occultistes" s'emparent du Tarot et ceci visiblement sans en avoir la moindre notion. Antoine Court de Gébelin publie en 1781 un
livre contenant un chapitre (réputé fantaisiste) sur les origines du tarot. C'est à la suite de cette lecture que Jean-Baptiste Alliette (surnommé Etteilla) vit les accointances avec l'art de lire dans les cartes qu'il pratiquait depuis quelques années et -surtout- le parti valorisant qu'il pouvait en tirer, faisant ainsi naître le tarot divinatoire.
Je pense qu'à partir du moment où on utilise les cartes comme support, on ne peut plus se permettre de se dégager totalement de leur « identité », celle qui a été acquise et que je citais précédemment. Cela n'enlève nul libre-arbitre.
Mais il est vrai aussi qu'un tarot, dépouillé de la force intuitive, philosophique et psychologique du pratiquant n'est rien. C'est un tout.
bonne soirée
