Traduction d'un essai d'Andrea Vitali trouvé sur le:
http://www.letarot.it/The-Tower_pag_pg128_eng.aspx--
Durant la renaissance, la carte de la Tour a été nommée de divers manières: dans le sermont de Ludo, elle apparaît comme la Sagitta (flèchen, projectile); d'autres auteurs, tels que Garzoni, Piscina, Pomeran et Tofilo Folengo l'appellent il fuoco (le feu). Mais elle est aussi nommée La casa del diavolo (La maison du diable) par Ferrara et La casa di Plutone (la maison de Pluton), ou simplement La casa (la maison) par Pietro l'Aretino. Elle a aussi été nommée La casa del dannato (la maison des damnés), Inferno (Enfer) et Cieli (Cieux). Ces termes ne sont pas contradictoires; ils représentent davantage une allégorie que la destruction d'une maison frappée par la feu ou par la foudre qui, selon les notions cosmologiques de l'époque, provenaient de la "Sphère ignée", cercle de feu situé par delà la terre. En outre, en s'élevant vers le haut du ciel, se trouvait le cercle de la lune, puis celui des étoiles et pour finir, celui du soleil; corps célestes que l'on trouve dans le tarot après la carte de la tour (
[Figure 1] - le septs jours de la création, gravure sur bois attribuée à A. Dürer, dans Liber Chronicarum, par Hartmann Schedel, Nuremberg, 1493)
Cette destruction pourrait être le travail de Dieu, mais aussi celui du diable, disposant de la permission divine. Dans les tarots de Charles VI, la tour semble se briser sous l'action d'un éclair venu du ciel tandis que des langues de feu lézardent ses murs. Dans la bible, la colèle de Dieu contre les fous qui ne croient pas en Lui, et contre les pécheurs, se manifeste sous la forme de "feu et foudre". De nombreux passages de la bible se réfèrent à celà. [NDT: Références bibliques non traduites: Habakkuk 3:13, Amos 1: 4, Zechariah 9:14, Zechariah 9:14, Habakkuk 3:11, Ezekiel 21:31, roverbs 14:11, Ezekiel 21:3]
Une observation attentive de l'illustration de la Tour du tarot de Cary (Cary Sheet??) alliée avec l'image de la Foudre dans le tarot de Vieville m'a donné l'opportunité de comprendre la signification originelle de cette carte. Sur le tarot de Cary, en bas, nous voyons la tête d'une vache à la base de la tour
[Figure 2];
dans le tarot de Vieville, la tour a été remplacée par un arbre avec un berger et son troupeau
[Figure 3], tandis que des boules tombent du ciel comme dans le tarot de Cary: ils représentent le feu et la pierre de la destruction, stylisée comme nous pouvons la voir dans le travail de Lucas van Leyden Lot et de ses filles
[Figure 4]L'explication est simple: il s'agit de la destruction de la maison de Job par la main du diable, qui obtint la permission de Dieu d'éprouver la foi de Job en son Dieu, détruisant sa maison et ses animaux. En fait, la bible dit: "le feu divin s'est abattu du paradis, et brûla bétail et servants, et les consuma" (Job 1: 16); "leurs enfants et leurs filles étaient occupées à manger et à boire du vin dans la plus ancienne deumeure de leur frère; et, sans crier gare, un grand vent arriva du lointain, et frappa les quatre coins de la maison, et se posa sur les jeunes hommes, et ils furent morts" (Job 1: 18). Ces versets de la bible ont été paint par Bartolo di Fredi en 1367 dans the Collegiata of San Gimignano
[Figure 5]. La fresque nous montre une maison avec des remparts, et le toit s'effondrant en tuant ceux vivant à l'intérieur. L'un d'entre eux est représenté en train de s'enfuir vers l'extérieur, à l'image de l'iconographie qui peut être trouvée dans la "minchiate" florentine
[Figure 6]. Un démon apparait au dessus de la maison, sonnant une trompette. Sur la droite de la maison, apparaissent les mots du verset 1,17 de Job: "Les Chaldéens firent trois groupes et rejoignirent les chameaux pour les emmener au loin, et ils massacrèrent les serviteurs à la pointe de l'épée". Sous la fresque, apparait la descripton suivante: "Come el demonio nabissò casamenti ne quali erano phigliuoli et phigliuole et li beni di Giobbe" (Comment le diable détruisit les maisons où se trouvaient les fils, les filles et les richesses de Job). Dans ce verset de la bible, le diable est inspiré par Satan. Le sentiment de douleur qui ressort de cette épreuve est sacré, car son existence est nécessaire pour éprouver la foi des hommes en Dieu: Job ne pêcha jamais, ni ne parjura contre Dieu "Je sorti nu du ventre de ma mère, et c'est nu que je m'en retourne: Jehovah a donné, et Jehovah a repris; béni soit le nom de Jehovah" (Job 1: 21-22). Dieu a permit l'épreuve suggérée par satan, certain que Job la réussirait. L'histoire biblique essaye de nous enseigner que Dieu permettre à n'importe quel homme d'être frappé et oppressé. Avec les mots du Notre Père "Ne nous soumet pas à la tentation", nous demandons à Dieu de ne pas subir de tentations, qui peuvent être de deux types: celle qui nous mène à commettre le mal car il nous paraît plaisant, et celle qui nous mène à douter de Dieu car nous souffrons. Même dans la tragédie et la tentation, les hommes ont l'opportunité de choisir. Le nom attribué à cette carte qui est la maison du diable et plus tard, la maison de dieu peut être compris à la lumière de ce qui a été dit précédemment. La maison de ceux qui gardent la foi sera protégée par Dieu, la maison de ceux qui renient le Créateur tombera aux mains du diable, comme formulé dans le livre des proverbes: "la maison des parjures sera renversée; mais la tente du juste fleurira".
Dans la tradition populaire italienne, les deux termes ont la même signification. Vivre "a casa di Dio" ou "a casa del Diavolo" (dans la maison de Dieu ou dans la maison du diable) signifie exactement la même chose: vivre dans un endroit éloigné, difficile à atteindre, au bout du monde (trouvé sous "Diavolo" et "Casa", Grande Dizionario della Lingua Italiana UTET, 1962).
Le carte de la Tour dans le tarot Parisien, dessinée par une main inconnue au cours du 17e siècle, appelée La fouldre, nous montre un diable jouant du tambour et d'autres représentations de diables, plus confuses
[Figure 7]. Cette illustration se base sur un sens différent de Maison du diable qui signifie: "place bruyante, vacarme, pandemonium, confusion". Carducci, dans son autobiographie, dit: "d'autant que je me souvienne, je dirais qu'ils ont tout bonnement fait une maison du diable. En fait, à mon époque je n'ai jamais joué ni chanté ni dansé, excepté pour plaisanter" (Dizionario UTET, p. 337)
L'image de la Tour dans le tarot de Catelin Geofroy, datant d'avant 1557, nous montre la même allégorie. Sur le premier plan, nous voyons une femme jouant du violon pendant que dans l'arrière plan, le diable transporte une autre femme qui crie désespérément, signe la confusion (péché) régnait dans cette maison, le démon peut emporter l'âme de ceux qui ne résidaient pas. Dans le Rosenwald folio datant du 16e siècle, un batiment est frappé par un éclair alors que des langues de feu s'abattent du ciel.
J'ai trouvé les mêmes illustrations dans le Triompho di Fortuna de 1527, un livre occulte écrit par Sigismondo Fanti de Ferrara. Dans ce livre, la même signification est donnée à la maison du Diable et à la Maison de Dieu, et il est expliqué avec deux interprétations contraires, la question de savoir comment "in che luogo daranno quest’anno i fulgori" (c. XIII verso) (les éclairs frapperaient cette année, en cet endroit) l'auteur montre que Dieu, afin de pousser les hommes à se repentir de leurs erreurs, autorise parfois la foudre à frapper certaines places. C'est pouquoi, Fanti menaça grandement toutes les générations, et tout spécialement celle qui se souciaient peu de prier Dieu. Avant tout, nous devons noter que le premier terme pour définir la Tour est La Sagitta (la flèche, le projectile) qui est trouvé à nouveau dans le sermont de de ludo cum aliis. Le Sagitta, le projectilet ou la foudre, avec son "feu" frappe un couvent dans les Trionfo di Fortuna, à cause du grand désordre qui règne en ce lieu, ce qui provoque la colère des cieux; couvent étant une autre vieille définition pour la Tour
[Figure 8]. Dans une autre image, l'éclair tombe sur le lit de grands seigneurs, les punissant pour leur tyranie. Les maisons des damnés et les deumeures étaient le l'endroit ou régnait le mal suprème. Dans une troisième illustration, nous trouvons une variante positive de la même image: le projectile, cette ne détruit pas, mais laisse une pierre sacrée dans la demeure - la tête de l'éclair qui, selon la croyance populaire est un présent divin, de par son origine céleste. Le quatrain qui illustre cette image présente les vers suivants: "Non ti curar gia per te far redire / In casa liè caduta Pietra Santa / Che di tal Sacrilegio niun si vanta / Puoterlo in gaudio gran tempo fruire" (Ne soit pas inquiet si le peuple sait que les pierres sacrées sont tombées dans ta maison, bien que personne n'a l'habitude de se vanter d'une telle manifestation divine, afin de s'en réjouir le plus longtemps possible) .
L'idée que la foudre puisse être de deux types, l'une destructrice, l'autre bénéfique se retrouve déjà chez Pliny qui divise les pierres célestes en noirs et rouges dans son Naturalis Historiae (XXXVII, 134). Les noires, arrondies étaient sacrées et nommées Bethels, et pouvaient être utilisées pour conquérir les villes et les troupes ennemies, tandisque les rouges étaient de simples éclairs. Dans la tradition populaire, toute pierre venant des cieux étaiet nommée Bethel (le terme vient de l'hébreux Beth-el = Maison de Dieu). A la lumière de ce qui précède, on peut considérer le texte astrologique du seizième siècle Le plaisant jeu du dodechedron de fortune, de Jean de Meun, au sein duquel la neuvième maison astrologique, nommée la Maison de Dieu inclus des aspects de diverses sortes, certains en oppositions les uns avec les autres, tels que "la punition divine qui souvent, cause la souffrance".
Sur la Maison-Dieu du tarot de Marseille, telle que la Tour de Rothschild Folio, deux silhouettes humaines sont projetée dans le vide par les forces destructrices d'un éclair frappant le sommet d'un batiment, ce qui rappelle l'iconographie qui se trouve sur les gravures de Virgil’s Aeneidos (Aeneid)
[Figure 9]