Bonjour,
Taliesin a écrit:
Enfin, les tarot qui représentent un éclair à la place du plumeau et y voient donc l'effondrement de la tour de Babel s'inspirent d'une autre tradition que celle du Marseille.
A cela, me basant sur quelques considérations historiques, je ne donne pas le même écho.
Tout d'abord il faut remettre les choses à leur place. Nous ne devrions pas parler de "tarot de Marseille" mais bien de "tarot
dit de Marseille". Une nuance qui a toute son importance lorsque l'on sait que la représentation initiale du tarot en France semble bien passer d'abord par Paris et Lyon.
Ainsi (à l'heure de nos connaissances): tarot de Jean Noblet (Paris 1650), tarot de Jacques Viéville (Paris 1650), tarot de Jean Dodal (Lyon 1701) et (seulement) tarot de Nicolas Conver (Marseille 1760).
Ceci, non sans évoquer "l'anonyme parisien" (date incertaine mais évaluée antérieure à Conver)
Or Noblet et Dodal, n'ont pas fait figurer un "plumeau" mais bien quelque chose qui s'apparente à des flammes sortant du haut de la tour.
"l'anonyme parisien -qui ne représente pas une tour- à néanmoins nommé sa carte XVI "LA FOVLDRE", (la foudre).
Il faut attendre Conver, le marseillais, (1760) pour voir apparaitre le graphisme d'un "plumeau". Représentation toute personnelle, sans fondement historique et pour le moins discutable qui a fait son chemin depuis. Peut-être cette initiative graphique et certaines autres de ce même jeu, sont-elles le reflet du fait que Conver ait gravé son tarot sans qu'il en est reçu l'héritage du vivant d'un autre maître cartier.

ordre des cartes : Noblet - Dodal - Anonyme parisien - Conver
Ceci pour dire, une fois encore, qu'il convient d'être prudent -et humble- sur les significations mystiques, ésotériques et autres sur lesquelles nous posons les fondements de nos interprétations. Les explications et démonstrations flamboyantes sur de grandes formules invérifiables sont poison de l'esprit.
