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Bonjour !
Dans le cadre de mes études en psycho-sociologie, il y a un certain temps... :blush: je me suis interessée à la maturité et à sa représentation dans notre société. J'ai réduit mon mémoire car il contenait les sondages effectués auprès de la population, je ne vous présenterai que les résultats et analyses et ceux-ci.
Bonne lecture à celles et ceux qui auront la curiosité de lire ce mémoire jusqu'au bout !
La maturité…de quoi parle-t-on ?
Tentons de définir ce qu’est la maturité d’après divers auteurs en psychologie, en philosophie et en sociologie. Tout d’abord, nous constatons qu’il existe trois phases de développement pour accéder à l’âge adulte et donc à la maturité.
1-1) Le développement physique
Sur le plan physique, on peut affirmer que le jeune est mûr ou qu'il en est au stade de la maturité puisqu’il a atteint le plein développement de ses capacités physiologiques. La période de la grande transformation, qui a pris environ six ans à s’accomplir, est terminée. Chez les filles, le corps atteint son plein développement vers 16 ans alors que chez les garçons l’achèvement de la maturation se produit vers 18 ans. À 18 ans, les jeunes des deux sexes sont au sommet de leur force et de leur forme physique.
1-2)Le développement intellectuel
À partir de 12 ans, l’adolescent s’initie à la pensée formelle et aux concepts plus abstraits. Il commence à anticiper et à prévoir ce qui peut arriver. Vers 15 ans, il s’exerce à l’argumentation et prend plaisir à confronter ses idées à celles de ses aînés. Cependant il a du mal à aller jusqu’au bout de son raisonnement.
À partir de 17 ans, le jeune adulte peut manier avec plus d’adresse les différentes opérations mentales et il est en mesure d’élaborer des plans assez solides pour être réalisés. Sa pensée est beaucoup plus structurée. Comme pour le reste du corps, le cerveau est au sommet de sa forme.
S’il a eu l’occasion, au cours de son adolescence, d’apprendre à apprendre et de se donner une méthode efficace de travail, les apprentissages qu’il fera tout au long de sa vie développeront ses connaissances, ses compétences et contribueront à élargir ses horizons.
1-3)Le développement social
La socialisation se définit comme le processus d’acquisition des comportements et des attitudes qui sont considérés comme acceptables par le milieu dans lequel l’individu évolue. Les jeunes adultes savent que ce qui est acceptable dans une situation ne l’est pas nécessairement dans une autre.
2) CONCEPTS PSYCHOLOGIQUES DE LA MATURITE
Maturité et majorité :
Au premier abord, il signifie l'achèvement d'une croissance. Or cet achèvement lui-même s'exprime par deux mots qui ne sont pas synonymes: maturité et majorité. La maturité, concept biologique et, par extension, psychologique, signifie l'état d'un organisme qui a atteint son plein développement; le signe le plus clair en est l'aptitude à la reproduction. La majorité, concept d'ordre juridique et social, est l'âge légal où l'on attribue à l'être humain l'entière responsabilité de ses actes, ainsi que les droits qu'elle implique; être majeur, c'est être homme ou femme à part entière, c'est pouvoir exercer les rôles essentiels à la vie sociale, dont les principaux sont le mariage, le métier, la citoyenneté, le plein usage de ses biens et pour l'homme, le service militaire. Il va de soi que l'âge de la maturité n'est pas toujours identique à la majorité; dans nos sociétés industrielles, l'âge où l'on peut exercer un métier, l'âge de la production est nettement postérieur à celui de la reproduction; et Rousseau voyait déjà dans ce décalage une des grandes sources de nos misères. Quant à la maturité psychologique, cette sûreté de jugement qu'on n'acquiert que par une longue expérience, elle n'arrive que fort tard, parfois même jamais. Dans les sociétés archaïques, l'accès à l'état adulte ne va pas de soi; l'individu doit authentifier son changement d'âge par des rites de passages, épreuves douloureuses et dangereuses, qui symbolisent à la fois la mort de l'enfant et la naissance de l'homme. Si, dans notre civilisation, les rites de passages (examens, initiations, service militaire, etc.) sont moins précis, il reste que l'état adulte est déterminé par un code, juridique ou moral; comme le dit Philibert, l'échelle des âges n'est jamais un tapis roulant. Il faut passer à l'âge adulte, et ce passage n'est pas garanti pour tous également. Chez Aristote, le maître est plus adulte que l'esclave, le contemplateur que l'artisan, le sage que l'intempérant, le vieillard que le jeune homme, le mari que la femme.
Notre civilisation a sans doute «démocratisé» le concept d'adulte, mais plus dans les institutions que dans les consciences; on entend souvent dire que les prolétaires ne sont pas mûrs, que les femmes ne sont pas majeures, que les indigènes sont de grands enfants. Étymologiquement, adultus signifie «qui a cessé de croître».
2-1)l’adulte selon PIAGET:
On connaît les grands principes de Piaget: l'affirmation que l'enfant passe nécessairement par des stades, dont chacun constitue un équilibre, mais incomplet, et qui par-là même exige l'accès à un stade supérieur; l'idée que l'intelligence est liée nécessairement à l'action et à la coopération; enfin, le postulat d'un parallélisme, d'ailleurs assez imprécis, entre l'ontogenèse et la psychogenèse, qui permettrait de rapprocher la pensée de l'enfant de celle du primitif.
En tout cas, la maturité apparaît chez Piaget tantôt comme une norme, tantôt comme un fait.
2-2) l’adulte selon FREUD :
Chez Piaget, l'intelligence logique passe nécessairement par des étapes prélogiques, les stades de la sexualité enfantine sont considérés par Freud comme la préparation nécessaire à la sexualité adulte complète. Pour Freud l'adulte c'est l'être capable d'avoir triomphé des pièges des différents stades de la sexualité infantile. Le surmoi est une instance inconsciente qui n'est pas refoulée, mais refoulante. Il se forme avec la dissolution du complexe d'Oedipe, par identification avec un des parents, en général le père pour le garçon; si le fils s'identifie au père, ce n'est plus pour l'avoir, mais pour l'être; il a compris que le père est l'éternel obstacle à la possession de la mère; au lieu de le détruire, il l'intériorise, cherchant toujours plus à lui ressembler tout en assumant ses menaces, réelles ou imaginaires. En fait, le surmoi est tout à l'opposé d'une conscience adulte.
2-3)Faiblesse de la psychologie
Finalement, on peut consulter bien des ouvrages de psychologie génétique, on en tirera les mêmes conclusions qu'au sujet des deux grands auteurs dont ils s'inspirent tous plus ou moins, Piaget et Freud. D'abord, cette psychologie ne précise guère si la norme adulte, à laquelle elle rapporte les différentes étapes intellectuelles et affectives de l'enfance, est une réalité constatable ou un simple idéal. Certains de ces ouvrages se terminent par un chapitre qui dépeint l'adulte comme un être doué de toutes les qualités que l'enfant puisse espérer atteindre, et qui n'a qu'un seul défaut, celui de ne pas exister, ou si peu! D'autre part, norme ou réalité, le concept d'adulte demeure très peu scientifique; tout se passe comme si la psychologie génétique, arrivée au terme de son enquête, devait chercher ailleurs que dans l'observation et l'expérimentation la réalité humaine achevée. Et que signifie cet «ailleurs» sinon un recours à la philosophie, recours qui pour être implicite n'en est pas pour autant scientifique.
L'adulte dans le rationalisme classique
La maturité de l'âge n'entraîne pas celle de la pensée. Car le grand obstacle à la raison est : «que nous avons été enfants avant d'être hommes» , que toutes nos opinions ont été formées en nous sans nous, par nos sens et nos précepteurs, avant que nous ne fussions capables d'en juger par nous-mêmes. Et la pensée de l'homme mûr est toujours faussée au départ, par un préjugé qui est déjà là.
3) LE CONCEPT PHILOSOPHIQUE :
3-1)L’adulte selon ARISTOTE :
Le vocabulaire contemporain qui gravite autour de la notion d'adulte nous vient en droite ligne d'Aristote.
Parler d'un âge ou d'un stade adulte, c'est impliquer par-là même au moins deux choses: d'abord, l'existence d'un âge autre que l'âge adulte, par exemple l'enfance, et ensuite le passage de l'un à l'autre de ces stades, c'est-à-dire un certain changement survenu chez l'individu désormais qualifié d'adulte.
Cependant, cette nuance a le mérite de nous indiquer que, suivant Aristote, la transformation par laquelle un individu accède à la maturité est un mouvement, car tout devenir selon une autre catégorie que la substance, qu'il s'agisse de la quantité, de la qualité ou du lieu, tombe sous l'espèce mouvement du genre changement. Or, des trois types de mouvement conçus par Aristote, seuls l'accroissement ainsi que son contraire et l'altération entrent ici en ligne de compte. La dimension physique de la maturité, telle que conçue par Aristote, se définit à la fois par un mouvement de développement corporel et par un certain nombre de caractéristiques qu'on retrouve chez l'homme qui a atteint la plénitude de sa croissance.
Ce qu'Aristote appelle l'accroissement, constitue justement l'évolution positive d'un individu selon la quantité: en effet, «l'accroissement est une augmentation d'une grandeur déjà existante». Donc, pour Aristote, l'accroissement disproportionné ou retardataire d'un ou des constituants de l'individu empêche l'accès à l'âge adulte sur le plan physique.
Selon lui, l'âge adulte va, sous ce rapport, de dix-sept a soixante-dix ans pour l'homme et de vingt et un à cinquante ans pour la femme, le processus de vieillissement étant chez cette dernière beaucoup plus rapide que chez le mâle. Plus précisément, selon la Rhétorique, l'âge adulte, sur le plan physique, se situe de trente à trente-cinq ans.
En résumé, qu'est-ce donc qu'un adulte pour Aristote?
C'est l'homme qui, à tous égards, a atteint l'épanouissement qu'il est humainement possible d'atteindre et qui veille non seulement à la conservation mais aussi et surtout à l'amélioration du statut de son acmé. L'adulte est donc un homme indépendant, apte à se prendre en main, à se diriger par lui-même. C'est celui qui est devenu son propre éducateur. On peut remarquer que le développement de la vie intellectuelle n'a d'autre but pour Aristote que de favoriser l'accession à la scholè, à la vie de loisir, qui permet à tout homme de s'épanouir autant que possible.
3-2)L’adulte selon KANT :
Tout le rationalisme restera sur ce point fidèle à Descartes. L'Aufklärung, comme le dit Kant, est «la sortie de l'homme de sa minorité; » et il ajoute : «minorité dont il est lui-même coupable». Etre mineur, c'est être incapable de se servir de sa propre intelligence, sinon sous la tutelle d'autrui. Paresse et lâcheté, voilà ce qui explique que la plupart des hommes restent toute leur vie des mineurs, d'autant qu'il se trouve toujours des «tuteurs» pour leur démontrer qu'il est dangereux de marcher seul: «il est si commode de n'être pas adulte». La pensée adulte, c'est donc la pensée rationnelle: claire et distincte dans son contenu, universelle dans sa forme, elle résulte d'une décision personnelle et responsable. L'obstacle majeur à cette pensée est l'enfance, c'est-à-dire la pensée confuse et dépendante, qui demeure en nous sans nous.
3-3) Les philosophes de l'anti-maturité
Simone de Beauvoir a vu là la forme la plus fréquente de l'inauthenticité; elle décrit l'homme sérieux comme celui qui se masque sa liberté en justifiant son existence par des valeurs objectives, des tâches fixées, des fins nécessaires. Il est vrai qu'elle attribue cette inauthenticité non pas à la maturité, mais à la survivance de l'enfant dans l'homme; fidèle à Descartes, elle considère que tout le malheur de l'homme vient d'avoir été enfant.
Aujourd'hui, on va plus loin, jusqu'à affirmer que les caractères du sérieux - le sens du réel, la maîtrise de soi, l'autonomie, l'indépendance économique et intellectuelle, la capacité de tenir ses engagements, d'être responsable, de faire son métier et d'élever des enfants - parce qu'ils sont propres à l'adulte doivent être rejetés comme tels.
Ce qu'on refuse, en effet, c'est l'adulte comme modèle, c'est le concept d'un achèvement de l'homme qui serait à la fois le terminus et la norme de sa croissance. On accuse la pensée bourgeoise d'être restée, sur ce point, fidèle à l'aristotélisme. Aristote considère en effet, à partir du modèle biologique, que l'être humain atteint son statut quand il a atteint sa stature, une fois pour toutes. L'adulte dans cette perspective, est la cause de l'enfant: il est la norme stable, pour ne pas dire éternelle, qui pré-existe à sa réalisation et en commande le processus; il est donc le moteur du développement, au double sens de croissance et d'éducation; il est enfin le modèle, la cause finale, que la croissance et l'éducation de l'enfant ne peuvent que réaliser. Comme l'être en acte est antérieur à l'être en puissance, l'adulte précède l'enfant.
C'est ce concept d'achèvement, hérité d'Aristote, qu'on rejette aujourd'hui avec le plus de force. Non seulement on refuse de figer le devenir de l'homme, mais on affirme que l'homme véritable, celui qui rejette l'ordre établi, qui se crée lui-même en créant des valeurs nouvelles, n'est plus l'homme fait, mais l'adolescent ou l'enfant.
4) CONCEPTS SOCIOLOGIQUES DE LA MATURITE
Dans cette philosophie positiviste , l'homme adulte est essentiellement lié à la société devenue adulte grâce aux progrès de la science et à la disparition des préjugés et superstitions.
Pour se faire une idée de l'adulte, on doit donc prendre connaissance du développement de la société vers son stade adulte, avoir recours à la sociologie du développement humain, et aussi reconnaître les rôles sociaux dévolus à l'individu dans cette société régénérée.
Cette société à l'état positif que Comte nous décrit est la société adulte. Elle est adulte du fait qu'elle a su se débarrasser des tabous et des abstractions chimériques qui la hantaient jusque-là. Elle a pu devenir adulte parce que les sciences, en même temps qu'elle, progressaient.
L'individu reprend le même mode de développement. Lorsqu'il entre dans l'état positif, il parvient à la virilité, à la maturité. En parvenant à l'état scientifique, l'individu entre dans l'âge adulte; c'est-à-dire qu'il a parcouru le chemin nécessaire qui fait de lui un membre à part entière de la société positive. Il peut remplir le rôle social qui lui est réservé.
4-1 La fonction sociale
L'adulte, dans cette société adulte, est celui qui remplit un rôle social. Et c'est fondamentalement ce rôle qui confère à l'individu le titre d'adulte. L'individu n'ayant pas de rôle social est un inconnu pour la société, car la molécule ultime de toute étude, pour Comte, n'est pas l'individu, mais la cellule sociale élémentaire, c'est-à-dire la famille, où il y a déjà des fonctions sociales. L'individu n'a de sens que comme représentant de l'humanité et il représente celle-ci par ce rôle qui lui est assigné. L'homme est un «fonctionnaire social» et c'est ce vers quoi tend toute l'éducation positive. Le rôle social, ou la fonction sociale, est le point central dans la caractérisation de l'adulte positiviste.
Aristote, le plus grand des philosophes selon Comte, avait déjà reconnu la loi de la division des offices. La division d'après les sexes est la première spécificité sociale. La philosophie sociale reconnaît un rôle différent à chacun des deux sexes.
L'homme, dans la cellule sociale fondamentale, se voit conférer le rôle actif étant donné sa plus grande force et son inclination naturelle à l'action. Tandis que la femme, moins forte et plus sentimentale, a un rôle affectif au sein de la famille; c'est à elle qu'incombe la tâche de l'éducation morale des enfants. Ces rôles doivent nécessairement être remplis si l'on veut que la société parvienne à sa destination, car c'est au sein de la famille que sont préparés les adultes.
Le problème des rôles sociaux et de la responsabilité adulte nous amène à un autre caractère de l'âge adulte: la majorité. Durant toute la période de l'éducation, l'individu est en tutelle, d'abord à l'égard de ses parents qui entretiennent sa vie et qui lui prodiguent la première éducation, puis à l'égard du sacerdoce, éducateur systématique. Mais nous pouvons nous demander s'il y a effectivement majorité dans l'esprit de la philosophie positive, car l'individu est toujours dépendant des lois sociales et de sa fonction. Si nous donnons à la majorité le caractère de l'absence totale de contrainte extérieure, nous ne pouvons dire que le fonctionnaire social, l'adulte dont parle Comte, est majeur.
Mais, d'un autre côté, nous considérerons comme majeure toute personne pouvant rendre compte de ses actes, c'est-à-dire responsable. Nous nous devons donc de considérer l'adulte positiviste comme un majeur. L'individu tend naturellement à se développer vers l'état positif, l'état adulte, tout comme le fait la société.
4-2) L'adulte
En résumé, nous pouvons dire que la philosophie positiviste tient compte d'un stade adulte; ses caractères généraux sont l'accès à la pensée positive (avec la responsabilité qui l'accompagne) et l'accomplissement d'un rôle social. L'adulte est celui qui peut prendre des décisions l'engageant personnellement et qui sait la portée sociale de ses actions. Le stade adulte est aussi un stade nécessaire; l'hypothèse de la loi des trois états nous montre que l'homme, de même que la société, passent successivement par trois stades dans leur développement intellectuel et moral: l'état théologique ou l'enfance, l'état métaphysique ou l'adolescence et l'état scientifique ou le stade adulte. Mais les états successifs ne se détruisent pas l'un l'autre, ils se complètent. Il y a une progression continue de l'enfance à l'âge adulte.
« La maturité est l’état de ce qui a atteint son plein développement. On précise un peu plus loin que la maturité s’acquière d’ordinaire avec l’âge, l’expérience. »
On pourrait ajouter que la maturité est la capacité de faire face aux événements de la vie, de résoudre de façon créatrice les conflits qui caractérisent chacune des étapes de l’évolution d’un individu. La maturité, c’est se sentir bien dans sa peau, à être maître de son destin. La maturité requiert donc des ajustements permanents aux attentes et aux exigences de la vie. Elle n’est pas acquise soudainement le jour de l’anniversaire de naissance de nos 18 ans. Elle se développe au cours des expériences de vie.
CHAPITRE I
I)PROBLEMATIQUE :
Il existe de très nombreuses différences entre les hommes et les femmes, et qui ne se résument pas seulement à la différence physique. L'esprit et la façon d'envisager la vie sont largement différents d'un sexe à l'autre. Aristote, le plus grand des philosophes selon Comte, avait déjà reconnu la loi de la division des offices. La division d'après les sexes est la première spécificité sociale. La philosophie sociale reconnaît un rôle différent à chacun des deux sexes.
Si deux individus, appartenant chacun à une civilisation différente, ne sont pas semblables (et le raisonnement s'applique aussi bien aux membres d'une même société) c'est, avant tout, qu'ils ont été conditionnés de façon différente, particulièrement au cours de leurs premières années : c'est la société qui décide de la nature de ce conditionnement. La formation de la personnalité de chaque sexe n'échappe pas à cette règle : « elle est le fait d'une société qui veille à ce que chaque génération, masculine ou féminine, se plie au type qu'elle a imposé »4
Apparemment la différence est très marquée entre l'homme et la femme, la plupart du temps on peut dire immédiatement si on a affaire à une femme ou à un homme. Les hommes et les femmes ont des caractères particuliers, il y a évidemment une différence biologique et hormonale qui influe sur la psychologie de l’individu, mais cette dernière peut-elle expliquer toutes les différences ? Ces différences constatées proviennent-elles de l'éducation différente que reçoivent les filles et les garçons ?
Si les hommes et les femmes partagent tous deux les mêmes sentiments, s’ils sont également capables d’émotions, ils ne les expriment pas de la même façon. D’un sexe à l’autre, tout diffère. L’attirance physique différencie aussi les deux sexes. Les hormones mâles et femelles qui commandent au désir sexuel en seraient-elles responsables ? Chaque sexe a sa manière de réagir aux émotions de l’autre. Les émotions positives (joie, rire, humour) se manifestent généralement de la même façon et suscitent des réactions identiques. Elles sont reconnues comme telles par les deux sexes, En revanche, les émotions négatives ( colère, chagrin, culpabilité et, surtout, angoisse ) sont fréquemment source d’incompréhensions entre hommes et femmes. Les femmes se référant à un langage de rapport et d’intimité, et les hommes à un langage de statut et d’indépendance, la communication entre hommes et femmes peut alors se comparer à une communication interculturelle. C’est dire qu’elle sera exposée à des incompréhensions liées aux différents styles de conversation. Ces différences ne sont pas des différences de dialecte, mais des différences de genre.
D’après une enquête menée auprès de 1511 garçons et filles5 leur demandant de donner trois traits de caractères propres à la virilité, une analyse de contenu à permis de dessiner deux définitions assez proches de la virilité pour les garçons et les filles. Mais si l’on s’attarde sur le détail des résultats, on peut remarquer que les filles qualifient négativement la virilité plus que les garçons. Ce qui démontre que les hommes et les femmes n’ont pas la même interprétation et vision des choses et de la vie.
Depuis Aristote nombreux sont les philosophes qui ont affirmé l’existence d’une différence ontologique entre l’homme et la femme.
« Nous disposons pour saisir le monde des mêmes instruments, des mêmes schèmes, des mêmes clefs : très souvent l’un achève la phrase commencée par l’autre ; si on nous pose une question il nous arrive de formuler ensemble des réponses identiques. Nos tempéraments, nos orientations, nos choix antérieurs demeurent différents et nos œuvres se ressemblent peu. Mais elles poussent sur un même terreau ».(…)6
Le « Syndrome de Peter Pan »7 personnage principal de la pièce de théâtre de James William Barrie est caractérisé par le refus de grandir, de devenir adulte. Ce syndrome serait apparu de façon isolée depuis longtemps mais il n’y a que vingt ou vingt-cinq ans que les pressions de la vie moderne aggravent les facteurs qui en sont la cause et engendre ainsi une augmentation dramatique de sa fréquence. Il s’agit d’un nouveau phénomène psychologique qui ne rentre dans aucune catégorie définie, ce syndrome toucherait essentiellement les hommes et nuit à la santé mentale de l’individu, il se traduit par divers symptômes s’exprimant à travers un certain type de comportement social.
2) HYPOTHESE :
Suite à ces différentes approches : sociologique, philosophique, psychologique, de la maturité, et de la différence d’envisager la vie entre homme et femme, nous souhaitons interroger des hommes et des femmes pour connaître quels sont les critères qui définissent pour eux la maturité. Nous avons pu remarquer certaines différences entre les deux sexes qui nous amènent à cette hypothèse. D’autre part, nous pourrons constater si les critères énoncés par les philosophes sont toujours en adéquation avec les représentations actuelles qu’ont les hommes et les femmes de la maturité. Nous pourrons également constater si les critères de maturité pour l’homme et pour la femme sont différents. Ceci également en fonction de leur age et de leur environnement.
CHAPITRE II :
1)METHODOLOGIE :
Nous avons choisi la collecte des réponses par interview, par entretien unique en face à face avec des individus ordinaires. Cette interview est directive et profonde contenant trois questions. L’avantage de cette méthode tient au fait qu’avec ce procédé le pourcentage de non-réponse est nettement moindre qu’avec d’autres techniques de collecte. Notre interview est constituée de questions ouvertes d’opinions ceci nous permettant d’avoir un éventail de réponses plus larges et d’obtenir plus de précisions sur les motivations des opinions des individus interviewés.
Ce questionnaire a été élaboré dans le but d’obtenir une vision globale des critères de la maturité chez les hommes et chez les femmes afin de pouvoir différencier les opinions de la population d’Avignon. Grâce aux réponses données, il sera possible de confirmer ou infirmer les idées avancées de l’hypothèse.
La première partie de ce questionnaire consiste à déterminer l’identité de l’individu de façon à pouvoir obtenir des éléments de comparaison en fonction de son sexe, de son âge, de son niveau d’études, de sa situation familiale. Ces données permettront d’interviewer l’échantillon représentatif d’Avignon.
La première question a pour but de connaître quels sont les critères qui définissent pour les interviewés la maturité. Cette question est de type ouverte, de façon à obtenir plus d’informations sur les éléments qui amènent les interviewés à avoir cette opinion. Cela nous permettra de constater si nous pouvons affirmer une nette différence entre les deux sexes sur la représentation de la maturité.
La deuxième question a pour but de déterminer si pour les interviewés l’expérience, le vécu, est un facteur prédominant pour l’accès à la maturité. Elle a aussi pour but de recentrer les interviewés dans le sujet. Cette question est également de type ouverte de façon à recueillir les critères de motivations de leurs réponses.
La troisième question a pour but de vérifier si les hommes et les femmes ont constaté une différence de maturité entre la femme et l’homme. Nous pourrons ainsi constater si les réponses données sont en corrélation avec l’hypothèse de départ. Cette question est également de type ouverte nous permettant d’obtenir plus d’éléments sur leurs positions, ainsi que leurs réactions.
1°) Quels sont pour vous les critères qui définissent la maturité ? ( Donner au moins 4 critères)
2°) Pensez-vous qu’il faille avoir une certaine expérience de la vie pour se sentir mature ?
3°) Si je vous dis « les femmes sont plus matures que les hommes » vous me répondez ?
1)LES RESULTATS :
Présentation des données et analyse de la question n° 1 :
Quels sont les critères qui définissent pour vous la maturité ?
Le premier est la responsabilité :
Cité vingt-six fois pour cinquante personnes interrogées. Ce critère apparaît en première définition a part égale pour les deux sexes soit 10 chacun. Cependant, nous pouvons constater une différence de tranche d’age. Sept femmes de 40 à 59 ans et 6 hommes de 20 à 39 ans.
Par contre nous remarquons l’absence de choix pour ce critère pour les hommes de 60 ans et +. Il apparaît également une seule fois pour les hommes de 0 à 19 ans.
Le deuxième critère est la tolérance :
Abordé par dix-sept personnes sur cinquante. Ce critère cité en premier choix par sept hommes dont cinq de 20 à 39 ans et par six femmes dont quatre de 40 à 59 ans. Ce critère a été cité par toutes les tranches d’âges des deux sexes sauf pour les hommes de 0 à 19 ans.
Le 16 novembre 1995, date du cinquantième anniversaire de l'Organisation, les États membres de l'UNESCO ont adopté une Déclaration de principes sur la tolérance. Ils y affirment notamment que la tolérance n'est ni complaisance ni indifférence. C'est le respect et l'appréciation de la richesse et de la diversité des cultures de notre monde, de nos modes d'expression et de nos manières d'exprimer notre qualité d'êtres humains. 9
Le troisième critère est l’indépendance, l’autonomie :
Ce premier choix concerne sept hommes et quatre femmes. Malgré qu’il ait été formulé à part égale par sept hommes et sept femmes. Cependant ce choix est totalement absent pour les hommes et les femmes de la tranche d’âge 60 ans et +.
Dans la définition de ce critère, nous constatons une nécessité de s’assumer d’acquérir une indépendance financière et morale, une liberté d’action et de pensée. L’adulte doit nécessairement être indépendant, apte à se diriger lui-même.
Nous remarquons que deux autres critères apparaissent mais de façon moins prononcés que les trois précédant. Dix personnes sur cinquante les ont cités :
-Le discernement :
Celui-ci est cité majoritairement par des femmes de 20 ans à + de 60 ans. Il n’est formulé que par un homme de 40 à 59 ans et par deux hommes de + de 60 ans. Le discernement paraît être plus important pour les femmes que pour les hommes. Nous remarquons que parmi ces sept femmes, quatre d’entre elles ont 60 ans et +. Le discernement peut être perçu comme une valeur de la génération du premier quart des années 1900, mais qui reste d’actualité et traverse les générations.
-L’expérience et le vécu :
Celui-ci est cité majoritairement par des hommes (8) dont six de la tranche d’âge 20-39 ans. Nous en déduisons qu’il est plus important pour l’homme que pour la femme de vivre des expériences pour devenir adulte. Seules deux femmes, dont une de 40 à 59 ans et une de 60 ans et +.
Nous pouvons constater aussi bien pour les hommes que pour les femmes un certain nombre de critères isolés, ce qui nous permet d’avancer que chacun a sa propre définition de la maturité, avec sa représentation bien précise et personnelle.
Nous remarquons que l’enfantement et le mariage sont des critères choisis par deux hommes et nullement cités par des femmes. Les critères des femmes de + de 60 ans sont majoritairement isolés également. Ils oscillent entre la pondération, la clair-voyance, la liberté, la patience et la citoyenneté. L’un des concepts d’Auguste Comte, la citoyenneté, n’est donc plus d’actualité dans les représentations de la maturité des individus.
Il apparaît également cette diversité de critères pour les hommes de 0 à 19 ans, alors que pour les femmes de la même tranche d’âge cette diversité est moins prononcée et se rapproches des représentations des femmes de 40 à 59 ans, ce qui n’est pas le cas pour les hommes de la tranche d’âge similaire.
1-2)Présentation de données et analyse de la question n° 2 :
Pensez-vous qu’il faille avoir une certaine expérience de la vie pour se sentir mature ?
Il apparaît clairement qu’en majorité les personnes interviewées pensent que l’expérience et le vécu sont indispensables à l’acquisition de la maturité. Il en ressort que cette opinion est partagée par toutes les tranches d’âges aussi bien pour les femmes que pour 100% des hommes de 20 à 60 ans et + partagent cette opinion ainsi que les femmes de 0 à 39 ans. Nous remarquons que pour les femmes de 60 et + ne partagent pas toutes cette opinion à contrario des hommes de cette même tranche d’âge.
Paradoxalement, ce critère de maturité n’apparaît pas comme une valeur indispensable partagée par tous dans la première question. En majorité des hommes de 20 à 39 ans (6 sur 10 individus) nous pouvons constater qu’aucune femme de 0 à 39 ans ne l’a cité comme critère de maturité alors qu’elles sont 100% à avoir répondu oui à la seconde question.
1-3) Présentation de données et analyse de la question n° 3 :
Si je vous dis « les femmes sont plus matures que les hommes » vous êtes plutôt d’accord ou plutôt pas d’accord ?
Nous constatons que l’ensemble des femmes dans leur grande majorité à 80 % pour toutes les tranches d’âges confondues pensent qu’elles sont plus matures que les hommes. Jusqu’à 100% pour la tranche 20/39 ans.
En revanche pour les hommes les opinions sont plus partagées. La tranche d’âge 0/19 ans est contre à plus de 60%. L’opinion des hommes de 40/59 ans est vraiment partagée à 50%. Seuls les hommes de 60 ans et + sont majoritairement d’accord à plus de 70%.
Nous pouvons en déduire que cette opinion est d’avantage exprimée par les femmes que par les hommes. Nous constatons une différence d’opinion flagrante entre hommes et femmes de 0/19 ans.
CHAPITRE IV :
LA CONCLUSION :
Les individus interrogés confirment l’hypothèse de Kant « la pensée d’adulte doit être claire distincte dans son contenu, universelle dans sa forme, elle résulte d’une décision personnelle et responsable. »
Pour les personnes interrogées, l’adulte doit être en mesure d’être responsable de lui-même et de ses actes.
Parmi les critères cités par les interviewés, la tolérance semble être une nouvelle valeur de la représentation de la maturité. Celle-ci n’est pas citée par les différents auteurs en introduction.
La tolérance est la reconnaissance des droits universels de la personne humaine et des libertés fondamentales d'autrui. Les peuples se caractérisent naturellement par leur diversité; seule la tolérance peut assurer la survie de communautés mixtes dans chaque région du globe. Tout comme l'injustice et la violence caractérisées, la discrimination et la marginalisation sont des formes courantes d'intolérance.
L'éducation à la tolérance doit viser à contrecarrer les influences qui conduisent à la peur et à l'exclusion de l'autre, et doit aider les jeunes à développer leur capacité d'exercer un jugement autonome, de mener une réflexion critique et de raisonner en termes éthiques. La diversité des nombreuses religions, langues, cultures et caractéristiques ethniques qui existent sur notre planète ne doit pas être un prétexte à conflit; elle est au contraire un trésor qui nous enrichit tous.
L’apparition de ce critère est peut être lié à l’environnement social dans lequel évolue plus particulièrement la dernière génération, la France est devenue cosmopolite et multiculturelle.
Par contre nous retrouvons les critères suivants : l’indépendance, l’autonomie, le discernement, l’expérience et le vécu.
La maturité d’après Piaget, s’acquière d’ordinaire avec l’age, l’expérience. L’expérience permet d’apprendre à faire face aux évènements de la vie, de traverser les étapes de l’évolution d’un individu.
Nous constatons des différences d’opinions, de choix, entre hommes et femmes toutes tranches d’âges confondues. Par exemple, les femmes de 0/19 ans n’ont pas du tout les mêmes opinions que les hommes du même âge. Certaines similitudes apparaissent entre les hommes de 20 à 39 ans et les femmes de 40 à 59 ans.
Ce qui nous permet d’affirmer notre hypothèse, les représentations de la maturité des individus sont en adéquation avec les critères des différents concepts énoncés en introduction ; les hommes et les femmes ont des représentations différentes de la maturité.
Il a été longtemps considéré que l’homme était uniformément façonné par son milieu social. Or, dans nos sociétés, de plus en plus d’individus sont amenés à incorporer des façons différentes de penser et de se comporter : on peut en même temps être ouvrier, aimer le football, apprécier la musique classique, être écologiste…
Spinoza souligne avec force la difficulté d’être adulte, cela tient surtout au fait que l’homme n’est qu’une partie de la nature, toujours assailli par des causes extérieures. Chaque domaine de notre existence est régi par des lois indépendantes de notre volonté ou de notre compréhension. Le premier pas de la sagesse consiste à reconnaître l'existence de ces lois et à prendre la décision de travailler avec elles et non contre elles.
Durant l’antiquité, a Athènes, comme dans beaucoup de régions de Grèce, à Sparte et en Crète notamment, le passage de l’enfance à l’âge adulte s’accompagne de rites qui sont attestés dans beaucoup de sociétés archaïques ; ces rites sont destinés à initier les jeunes gens au rôle qu’ils sont appelés à jouer dans la communauté. Les modalités sont différentes pour les garçons et pour les filles mais la finalité est identique.
Il existe toujours ce mode de fonctionnement dans les sociétés différentes de la notre, où la survie reste problématique, les rites de passage vers le monde des adultes se font avant 15 ans. L’adolescent doit être en mesure de s’assumer et de ne plus dépendre de sa famille d’origine. Nous retrouvons le même schéma dans un grand nombre de pays Islamiques où les jeunes filles commencent à être mariées à l’âge de 12 ans, voir plus jeunes encore.
Par-delà le déclin des pratiques et des croyances religieuses traditionnelles, c’est à l’émergence d’une nouvelle morale que l’on assiste. Plus tolérants et plus pragmatiques, les Français n’attendent plus de l’Église qu’elle leur dicte ce qui est bien et ce qui est mal comme au début du XX siècle.
La notion d'adulte garde à travers toute la tradition philosophique un caractère implicite. Depuis Aristote en passant par Descartes, Kant, etc., l'adulte demeure un concept vaguement défini. Il représente souvent un idéal, un état de perfection suggéré par les diverses doctrines philosophiques, mais il n'a guère fait l'objet d'une étude particulière. La tendance à considérer l'immaturité comme un manque, une insuffisance et la croissance comme ce qui doit combler le fossé entre l'enfance et l'âge adulte est due au fait que l'on considère l'état d'enfant non point en lui-même, intrinsèquement, mais comparativement à l'âge adulte. L'enfance est considérée sous un aspect négatif, comme une privation, comme quelque chose d'incomplet parce qu'elle est comparée à la maturité comme à un modèle fixe, comme à un étalon de mesure. Et par-là, elle est définie comme une absence de pouvoir, ce qui met l'accent sur ce que l'enfant n'a pas et n'aura que lorsqu'il sera un homme. Cet aspect négatif de l'enfance est plus marqué encore quand on pense qu'il fixe, comme un idéal et un modèle, une fin statique. Par rapport à cette fin, la croissance est alors considérée comme devant être achevée, accomplie. Dewey10 explique la futilité de cette conception en disant qu'une croissance accomplie n'est rien d'autre qu'une "non-croissance", car elle enlève à l'être humain toute possibilité de croître. Elle condamne l'adulte à rester figé dans un état qui, par le fait même de sa fixité, entraîne une rapide décrépitude. Pourquoi doit-on donc penser que l'enfant doit encore croître et pas l'adulte? Pourquoi, comme l'écrit Dewey, une inégale mesure pour l'enfant et pour l'adulte? Parce qu'on refuse souvent de penser que la croissance est un processus qui va de pair avec la vie; et là où il y a vie, il y a croissance. Les deux traits essentiels qui définissent l'immaturité et lui donnent une valeur positive sont la dépendance et la plasticité. La dépendance est donc un pouvoir plutôt qu'une impuissance, car elle développe l'interdépendance. Elle fait d'une part l'être social et oblige d'autre part l'adulte à faire société. Rappelons que pour Dewey l'individu et la société ne sont ni opposés l'un à l'autre, ni séparés l'un de l'autre. La société est un agrégat d'individus et les individus sont des fonctions de la société. Ils n'ont pas d'existence par eux-mêmes. L'individu vit dans, pour, et par la société, mais la société n'a d'existence que dans et par les individus qui la composent. L'individu doit donc prendre conscience de sa dépendance vis-à-vis de la société et être engagé dans la solidarité qui le lie aux autres. La plasticité est essentiellement la capacité d'apprendre de l'expérience, la capacité de retenir d'une expérience certaines données, certaines méthodes qui nous permettront de faire face aux difficultés de situations ultérieures. Ce qui signifie, en d'autres termes, le pouvoir de régler nos actions présentes en fonction des résultats que nous avons obtenus en d'autres situations. Toute expérience exige par-là un remaniement de tout le savoir acquis pour envisager la situation nouvelle. La plasticité est le pouvoir de développer des dispositions.
En somme, ce caractère d'inachèvement que nous trouvons dans la plasticité est la caractéristique fondamentale de la maturité. Il définit la croissance. Car l'adulte est celui qui n'a jamais fini de grandir, celui qui n'a jamais fini de s'éduquer. Le seul terme, le seul achèvement que nous pouvons assigner à ce processus de croissance serait la mort. L'âge adulte serait alors intégré dans une enfance prolongée jusqu'à la mort.
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